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UN ARTICLE DE PRESSE
 
REPORTAGE
 

DE BOUGAA À GUENZET ET BÉNI OUARTILÈNE
De la fierté sur une montagne d’obstacles
A Bougaâ, Guenzet et Béni Ouartilène, une région des Hauts- Plateaux à l’Est du pays, l’hiver saute aux yeux.Très vite, vous êtes fascinés par cette nature splendide et rassurante mais, toutefois, rigoureuse pour les hommes et la terre. Par Tahar Akezouh
Dans ces contrées de l’Algérie profonde, loin des bruits et des stigmates de l’urbanité, les gens, en dépit de tout, sourient quand ils vous croisent. Des gens fiers de leur pays, tout à fait conscients des sacrifices consentis pour sa libération, pour en faire un Etat indépendant et souverain. A Bougaâ, Guenzet et Béni Ouartilène, les vieux affirment «qu’ici la souffrance était atroce, considérable, inhumaine ». Des douars et des mechtas, entièrement rasés par l’aviation coloniale, rappellent l’histoire de la guerre. «La guerre est, bien sûr, terminée depuis longtemps déjà, mais, les hommes et les femmes d’ici, continuent sans répit, à se battre en travaillant pour vivre des lendemains meilleurs», nous dira El-Hadj Mokrane, 75 ans, retraité résidant à Béni Ouartilène. Selon cet ex-fellah «l’agriculture de montagne est un perpétuel combat face à une nature hostile et indomptable. La récolte du lopin de terre permet tout juste, d’assurer la marmite du foyer, et encore». Des terres que beaucoup ont quittées, selon El- Hadj Mokrane, pour émigrer et ne jamais revenir peut-être. Dans la région, il y a de moins en moins de chance de trouver un boulot. Conséquence : beaucoup de jeunes se déplacent vers les villes du Nord dans l’espoir de s’en sortir. Il fait terriblement froid mais la vie continue… Un défilé majestueux de crêtes et de sommets couverts d’un manteau blanc Tombée, il y a quelques semaines, la neige est encore perceptible sur toute la région du massif des Babors. Au fur et à mesure que le bus monte vers Bougaâ, on a l’impression que le montagnes sont à portée de main. La route serpente une côte de plus en plus abrupte, offrant un défilé majestueux de crêtes et de sommets couverts d’un manteau blanc. Traversant des cols de plus de 1 500 mètres d’altitude, cette route est restée infranchissable pendant deux jours, bloquée par la neige. Quelques villages et mechtas, perchés sur des crêtes ou des collines baignent encore dans la neige. Dans le bus, des lycéens, étudiants et travailleurs rejoignent leurs foyers. Ils refont, en sens inverse, le trajet (48 kilomètres), tôt chaque matin de cet hiver glacial… A chaque arrêt, on croît que le receveur debout sur le marchepied avant, va refuser les voyageurs. Bien au contraire, il les invite à s’entasser avec les autres et l’engin telle une boîte de sardines, repart un peu plus lentement sous la charge… Outre les bus et les taxis comme moyens de transport, il y a aussi les taxis collectifs (fourgons de 9 à 12 places assises) qui ont fait leur apparition depuis quelques années. Certaines communes, heureuses de disposer d’un bus, assurent le ramassage scolaire. Devant les «immeubles» de certains villages, une série de cuves métalliques sont rangées à proximité des cages d’escaliers. Disposées côte à côte, ces cuves servent au stockage du gaz-oil domestique que les locataires utilisent pour chauffer leurs foyers. Le «poêle à mazout» est, généralement, le plus utilisé pour le chauffage. Chaque locataire dispose d’une cuve munie d’un portillon métallique installé autour du robinet et fermé à l’aide d'un cadenas. Ce procédé de stockage est, surtout, une mesure de sécurité efficace qui isole de grandes quantités de carburant, loin des foyers. L'approvisionnement s’effectue dans les stations «Naftal». Dans certains villages isolés, loin des stations- services, c’est un tracteur agricole qui remplit les fûts et assure la livraison. Il fait déjà nuit et le bus continue encore de déposer les voyageurs. A Bougaâ, toute activité a cessé et, progressivement, la ville se tait. Il n’y a que ce froid glacial et redoutable qui caractérise les nuits des régions des Hauts-Plateaux. Au cours de ces longues soirées d’hiver, les gens préfèrent la chaleur des foyers et la vie en famille à l’atmosphère de la rue, peu fréquentée. Dans la journée, la ville connaît une intense activité, particulièrement, le jeudi, jour de marché. La ville de Bougaâ, c’est également le passage obligé pour se rendre à Guenzet, situé à 42 kilomètres au-delà d’une route, en grande partie défoncée. C’est ainsi par cette contrée qu’il faut transiter pour rejoindre «souk El-Djemâa», le marché hebdomadaire de Béni Ouartilène, à une quarantaine de kilomètres. Tous les vendredis, ce souk constitue un pôle commercial important, pour les gens des villages et des douars de toute la région. C’est le marché le plus fréquenté où l’on y trouve, en plus des produits alimentaires et du bétail, les étalages du «tranbendo » comprenant pièces de rechange auto, habillement, électroménager, outils agricoles en produits de menuiserie (portes, fenêtres, meubles…). «Dans cette région, confie un vieil homme, le travail tend essentiellement à satisfaire les besoins élémentaires des familles. Beaucoup de gens n’arrivent pas à joindre les deux bouts et face faire à la montée vertigineuse des prix!» Jadis, la plus grande partie du commerce, s’effectuait sous forme de troc. Au même titre que certains biens de consommation, l’argent jouait le rôle de dénominateur commun de valeur et non pas «d’instrument de spéculation ». Dans les souks hebdomadaires de Bougaâ, Guenzet et Béni Ouartilène n’est plus au troc. Les temps ont changé, les choses sont aux «affaires» au «tbezniss»,; et à la spéculation à outrance. En somme, rien n’incline à l’optimisme pour le simple citoyen !… Le «burnous» est, par excellence, un habit qu’on retrouve, en général dans chaque foyer. Même s’il est aisé de constater qu’il est de moins en moins porté, notamment, par les jeunes qui préfèrent plutôt l’anorak et autres blousons et canadiennes, le «burnous», reste une tenue de prestige. Il symbolise «R’joulia» : «Il met le burnous, donc c’est un homme !» ou encore la fierté «le burnous, le fusil, et la femme. Le «burnous» est confectionné dans les foyers, selon une tradition séculaire. Il est fabriqué par la mère qui, auparavant, aura réussi et préparé la quantité de laine nécessaire selon le procédé artisanal. Une fois tissé, le «burnous » est remis au fils d’âge adulte. Celui-ci le conserve soigneusement et jalousement. Ceci n’empêche pas sa substitution par une vague importée et imposée à notre jeunesse—mondialisation oblige—qui semble séduite par l’insolite et le rétrograde. Les gens, ici comme ailleurs, n’ont plutôt tendance qu’à consommer. «C’est plus simple, non?», dit-on. Ainsi, tant ce qui faisait le charme et la fierté de nos campagnes s’estompe peu à peu, dans l’indifférence totale. Le «burnous » fera alors partie d’un passé révolu et remis aux oubliettes. Au même titre que d’autres belles choses, riche patrimoine en voie de disparition. Beaucoup de terres ne sont pas travaillées, laissées à l’état de semi-abandon. Les problèmes ont eu raison sur le travail des hommes. Par les temps qui courent, le noble métier de fellah est en train de devenir le métier qui appartient à une toute autre logique aux perspectives incertaines, comme en témoignent les tentatives et autres initiatives pour prendre possession de «l’avenir» relevant du défi. Les gens vous diront «Erraouda guetlet et awd» (la roue a tué l’attelage». Les réponses sont unanimes pour citer l’origine de leur découragement et dire que «les moyens font défaut; qu’il y a une montagne d’obstacles et que l’agriculture de montagne est fort complexe…» Beaucoup de fellahs s'intéressent de plus en plus à la plantation d’arbres fruitiers, à la construction de ruches d’abeilles et l’élevage pour tenter de revenir au rythme «c’est le travail à faire qui commande l’horaire et non l’horaire qui limite le travail». Au point où l’existence du fellah est caractérisée par la soumission à la durée, la vie agricole étant faite d’attention dans l’universalité de sa tradition. «Iverdhan-Amane-Triciti» Pour les travailleurs de la terre, l’avenir comporte des risques et les garanties ne sont plus fournies par l'homme mais par les richesses dont il dispose. Le milieu rural tient encore, d’une certaine manière, aux racines du terroir et aux cultures locales et tente de défendre son particularisme. Il n’en demeure pas moins «le fellah danse sur deux pieds : l’un en ville pour consommer et l’autre à la campagne pour produire ». La région est surtout connue par Hammam Guergour une station thermale bien connue des curistes. Le «Hammam», c’est la station traditionnelle dans le village, située en aval de Bougaâ et qui connait une fréquentation appréciable. Et puis, il y a le «complexe» thermal, un centre magnifique, ouvert il y a quelques années, où l’on peut suivre une cure en séjournant à l’hôtel ou au bungalow. Ouverte depuis quelques années, cette structure d’accueil et de soins était indispensable à la région où elle a généré de nombreux emplois, mais aussi, entraîne la création d’une multitude de petits commerces. Un établissement où l’hygiène et la bonne organisation du travail sont de rigueur. Ce qui fait que les services fournis au niveau de l’hôtellerie et des soins sont, d’une manière générale, appréciables. Dans cette région, à l'instar de bien d’autres en Algérie, la récolte des olives a été fructueuse lors de la saison passée par rapport à ces dernières années. Contrairement aux oliviers, la nature n’a pas été généreuse avec les figuiers. «Une véritable catastrophe», dit-on. En attendant la prochaine saison, les valeurs rurales demeurent toujours «le flambeau de la fierté amazighe et de l’orgueil arabe !» Dans cette région, la politique s'exprime à travers trois préoccupations majeures que les gens ne manqueront pas de vous énumérer.` «Iverdhan-Amane-Triciti» (les routes, l’eau et l’électricité). Ici, les gens sont épris d’amour pour la patrie et «croient à la démocratie et à la politique, non pas par le sommet, où s’affrontent quelques politiciens pour les sièges et le privilège, mais ils y croient par le bas !» A Bougaâ, Guenzet et Béni Ouartilène, il fait froid et la vie continue, le plus simplement du monde. Malgré les malgré.
T. A. Le 28/01/2010

 

NOS PLATS PREFERES

Caviar d

Tikrourbabines de Tizi Madjbar

Sauce aux legumes Boulettes de semoule

Couscous

Couscous de Tiguert-Ndrar : Aux legumes, d'abisar,souefqui...

Beaucoups de légumes Et la viande de Samadou

Abbazine

Abbazine : se khoudra ou sabisar

Des légumes secs Bonne appétit

Sfendj

Sfendj ou Lakheffaf

Semoul fine + farine Beaucoups de travail

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